L’interview d’Adeline, éducatrice spécialisée, diplômée en 2012

L’interview d’Adeline, éducatrice spécialisée, diplômée en 2012

Adeline a fait partie de la deuxième promotion du DUT, qui a été diplômée en 2012. Avec le recul de quelques mois d’exercice professionnel, elle retrace aujourd’hui son parcours et nous fait partager son expérience actuelle auprès de personnes sans abri.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Adeline BLANCHARD, 22 ans, éducatrice spécialisée depuis juin 2013.
Je suis originaire du sud de la France, j’ai fait partie de la deuxième promotion DUT CS option Education spécialisée (Ville d’Avray).
Actuellement, je suis toujours dans le 92 puisque j’ai trouvé un emploi à Nanterre.
Pourquoi avoir choisi l’IUT ?
C’est en discutant avec une amie qui avait fait un DUT CS option Assistance Sociale, que je me suis intéressée à ces types de formations universitaires.
J’ai postulé à Grenoble qui a refusé mon dossier, Tourcoing où j’ai passé les oraux et les écrits, j’étais sur liste d’attente. Enfin, Ville d’Avray où j’ai été admise après un oral.
Mon choix s’est porté sur un IUT car il me semblait que c’était un compromis entre le fonctionnement d’un lycée et d’une université (horaires, programme, formation, cadre, etc.)
Tu avais postulé dans d’autres formations ?
En parallèle j’ai postulé pour intégrer en BTS ESF.
Qu’as-tu fait après l’obtention de ton DUT ?
J’ai intégré une école d’éducateur spécialisé en troisième année.
Comment s’est passée l’année préparant au DEES ?
C’est une année qui a été très difficile en ce qui me concerne. C’est une année en alternance entre mon lieu de stage et ma formation. Je n’ai eu qu’une semaine de vacances sur l’année, ce qui n’a pas été facile car il est difficile de prendre du recul sur les situations que j’ai pu rencontrer en stage (aussi bien avec les usagers, qu’avec l’équipe). C’est une année qui a été très intense entre les écrits qui ont des échéances proches. Mais c’est largement faisable, il a été important pour moi de m’organiser dans mon travail pour élaborer les écrits dans de bonnes conditions.
Dans quelle structure travailles-tu aujourd’hui ?
Aujourd’hui je travaille au 115 des Hauts-de-Seine.
Quelle est ta fonction ?
Ma fonction est de travailleur social. Ce qui est intéressant dans ce service c’est que nous avons des formations initiales différentes (psychologue, assistant social, conseiller ESF, TISF etc.) ce qui permet de confronter nos idées, observations et de proposer des orientations adaptées aux besoins des personnes.
Comment as-tu trouvé cet emploi ?
J’ai effectué mon stage à responsabilité au CASH de Nanterre (service de rue), j’ai entendu parler d’un poste vacant au 115 et j’ai postulé. Mon actuel chef de service s’est mis en lien avec mon ancien cadre (de l’équipe de rue) pour discuter de mes compétences.
Je travaille au 115 depuis fin aout 2013.
Quelles sont les qualités et compétences requises pour ce métier ?
Je pense qu’en tant qu’éducateur il faut faire preuve d’écoute, empathie, de discrétion, patience…
Je me suis rendue compte entre mes différents stages, mon premier emploi (dans une maison de l’enfance) et maintenant au 115 qu’il est indispensable à mon sens de savoir s’adapter au public, à l’équipe et aux différents managements.
Quel regard plus général portes-tu sur ton métier ?
Pour être sincère avant d’intégrer la troisième année je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie. Maintenant que j’ai ce diplôme en poche et que j’ai découvert le public sans-abri, je me dis que c’était une évidence et que je ne peux rien faire d’autre que d’accompagner des personnes dans leurs projets de vie.
En ce qui me concerne c’est un métier qui me prend aux tripes, on nous dit dans les écoles qu’il est important de mettre la « bonne distance » ou la « bonne proximité », mais cela reste encore pour ma part abstrait. Nous sommes humains, nous travaillons avec de l’humain et parfois certaines situations nous touchent, nous affectent, … mais il est important de s’en rendre compte afin de rester le plus objectif dans nos actions quotidiennes.
Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite exercer ce métier ?
Il faut en vouloir car c’est un métier qui demande beaucoup de notre personne (réflexion, temps, etc.)
Je pense que le métier d’éducateur spécialisé fait partie des métiers à vocation et de passion.
Comment envisages-tu ton avenir professionnel ? Quels sont tes projets ?
Actuellement je suis en pleine réflexion, je pense reprendre mes études en septembre. J’hésite entre une licence de Sciences de l’Education à distance ou effectuer une licence professionnelle intervention sociale (Spécialité Assistance sociale, travail social et conduite de projet).
Je souhaite dans l’avenir occuper un poste à responsabilités (coordinatrice).
Au final, quel regard portes-tu sur la formation reçue à l’IUT ?
Ces deux années m’ont permis de peaufiner ma réflexion sur mon choix de carrière professionnelle.
Elles ont été très importantes dans ma réussite du DEES, j’ai eu le sentiment d’avoir très bien été entraînée pour les épreuves du diplôme.
Lors de la première année de DUT, des interventions de professionnels du secteur social ou non, m’ont mise mal à l’aise, ont été à l’encontre de mes convictions personnelles, philosophiques et politiques. Aujourd’hui, je comprends enfin le raisonnement et la réflexion qu’ils voulaient faire émerger en nous. Ce point, me semble illustrer la richesse du DUT, car aujourd’hui encore je peux être amenée à réfléchir sur ces points sensibles, d’actualités et autres.
Quels sont les modules qui t’ont le plus apporté ?
Lorsque j’ai rédigé mes écrits j’ai beaucoup utilisé les modules de sociologie, de psychologie et bien d’autres. Puisque j’ai traité des questions sur l’estime de soi, la dépendance à un produit, l’effet de groupe, le travail en équipe.
Durant la formation, j’ai apprécié les temps d’analyse de la pratique. Il est vrai qu’entre les deux ans il y a eu une « animation » d’ateliers complètement différente, mais ces temps ont été très important pour moi afin de prendre du recul sur mes lieux de stages.
Quel est ton meilleur souvenir à l’IUT ?
Je n’ai pas de « meilleur souvenir » en particulier. J’ai eu l’occasion durant le DUT de rencontrer quelques étudiantes très importantes pour moi, des personnes qui ont su se rendre indispensable dans ma réussite vers le DEES. Je ne sais pas si je resterai en contact avec celles-ci, mais je ne pourrai pas oublier qu’elles ont fait partie de cette aventure qui est une parenthèse dans ma vie.
Pour conclure cet entretien, as-tu quelque chose à ajouter ?
Je remercie l’IUT d’avoir ouvert ses portes à des étudiants du bac pro. Personnellement dans mon lycée, il était rare et inimaginable que des bacheliers du professionnel puissent envisager d’intégrer un cursus universitaire.