L’interview de Clémence, éducatrice spécialisée, diplômée en 2011

L’interview de Clémence, éducatrice spécialisée, diplômée en 2011

En septembre 2009 le département Carrières Sociales démarrait, accueillant une vingtaine d’étudiants dans une unique salle de cours au bâtiment T. Parmi eux, Clémence Simon. Quatre ans après, Clémence revient sur son parcours et, devenue éducatrice spécialisée, elle nous fait partager son engagement professionnel actuel.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Clémence SIMON et ai fait partie de la première promotion du DT CS ES de Nanterre en 2009-2010. Je suis originaire de la région de Picardie et suis venue en IDF précisément pour pouvoir suivre mon cursus universitaire. Actuellement je me suis installée dans le val de marne, sur la ville de Créteil pour construire mon projet professionnel. A terme j’ai la volonté de pouvoir quitter cette région et de vivre dans un environnement moins urbain.

 

Pourquoi avoir choisi l’IUT ?
Après un échec au concours d’entrée en formation d’éducateur spécialisé, je m’étais orientée vers une licence en langue littérature et civilisation étrangère en langue Allemande. C’est en effet quelque chose qui me plaisait et qui selon moi pouvait être une alternative, un second choix. Malgré une année satisfaisante et sans problèmes particuliers, le manque de débouchés de cette filière ma poussée à m’interroger. L’amertume et la déception suite à mon premier échec au concours et ce vécu positif en université m’ont permis de me réorienter et de trouver cette alternative aux écoles de formations. Je me suis alors inscrite sur des DUT Carrières Sociales en animation, plus répandus, et sur celui de Nanterre avec l’option éducation spécialisée.
Cela n’était donc pas mon premier choix, mais je sais maintenant, que cela a répondu pleinement à ma personnalité, à mes envies et à ma façon de travailler/ de fonctionner.
Tu avais postulé dans d’autres formations ?
Comme j’ai pu l’expliquer je m’étais inscrite sur plusieurs DUT, avec différentes spécialisations, dans le but de multiplier mes chances d’entrée. Un DUT dans les métiers du livre m’intéressait aussi. Mais le travail social restait ma seule certitude, d’autres choses auraient pu me plaire mais sans certitudes de me donner les moyens d’aller jusqu’au bout.
Qu’as-tu fait après l’obtention de ton DUT ?
Après l’obtention de mon DUT j’ai eu la chance de pouvoir continuer dans mon projet et d’intégrer une formation d’éducateur spécialisé. J’ai confirmé mes choix et ai finalement surmonté mon premier échec. Pour moi, pouvoir embrasser la carrière d’éducateur spécialisé s’est vraiment imposé au cours des mes deux premières années en DUT. Les stages, les intervenants et les réflexions proposées m’ont confortée dans ce choix de vie. Car au delà du métier, c’est le champ d’intervention de l’éducateur spécialisé qui m’a séduite par ses diversités.
Aujourd’hui, diplômée depuis juin 2012, je travaille en centre d’hébergement d’urgence pour mères avec enfants. Pourtant convaincue que le public d’adultes et le champ de l’insertion n’étaient pas adaptés pour moi, j’ai saisi cette opportunité. J’y trouve beaucoup d’intérêt et cela me pousse chaque jour à m’interroger sur ma pratique. Ne maitrisant pas toutes les procédures et démarches dans ce secteur, je me nourrie de la pratique de mes collègues et des balises posées dans la littérature.
Comment s’est passée l’année préparant au DEES ?
Après l’obtention de mon DUT j’ai eu la chance de pouvoir continuer dans mon projet et d’intégrer une formation d’éducateur spécialisé. J’ai confirmé mes choix et ai finalement surmonté mon premier échec. Pour moi, pouvoir embrasser la carrière d’éducateur spécialisé s’est vraiment imposé au cours des mes deux premières années en DUT. Les stages, les intervenants et les réflexions proposées m’ont confortée dans ce choix de vie. Car au delà du métier, c’est le champ d’intervention de l’éducateur spécialisé qui m’a séduite par ses diversités.
Aujourd’hui, diplômée depuis juin 2012, je travaille en centre d’hébergement d’urgence pour mères avec enfants. Pourtant convaincue que le public d’adultes et le champ de l’insertion n’étaient pas adaptés pour moi, j’ai saisi cette opportunité. J’y trouve beaucoup d’intérêt et cela me pousse chaque jour à m’interroger sur ma pratique. Ne maitrisant pas toutes les procédures et démarches dans ce secteur, je me nourrie de la pratique de mes collègues et des balises posées dans la littérature.
Dans quelle structure travailles-tu aujourd’hui ?
L’année de préparation au diplôme d’état a été difficile. Plusieurs choses étaient en jeu. La reconnaissance de mon cursus et la reconnaissance de mes compétences. Mais je dois avouer que du côté de la pression et des délais impartis pour rendre les travaux, en tant que sortantes du DUT nous n’étions pas plus stressées que les personnes formées uniquement en école. Au-delà je dirais même que l’écriture d’un premier mémoire, le rythme soutenu du DUT nous ont permis de mener à bien l’écriture pour chaque domaine de compétences dans les délais et surtout de pouvoir réutiliser la matière fourni en DUT.
Un état d’esprit plus détendu que les autres, un soutien réel des formateurs, doublé d’une cohésion avec mes camarades issus de la même promotion de DUT, a été la recette de ma réussite au diplôme.
Quelle est ta fonction ?
J’ai été engagée en tant que travailleuse sociale, diplômée éducatrice spécialisée. Mon activité s’organise en plusieurs temps ; dans le cadre des références : j’effectue un suivi social régulier de plusieurs situations, sous la forme d’entretiens et d’accompagnements physiques dans les démarches, et un deuxième avec une présence sur le collectif avec un rôle d’animation de la vie quotidienne.
Comment as-tu trouvé cet emploi ?
J’ai trouvé cet emploi via mon stage long de dernière année de formation. En effet, après avoir passé huit mois sur un pôle de l’association en tant que stagiaire, j’ai eu l’occasion d’effectuer un remplacement congé maternité sur ce même lieu.
Après avoir trouvé un poste au près de jeunes en situation de handicap dès septembre, cela n’a pas fonctionné. J’ai donc sollicité mon réseau (anciens lieux de stages) et ai trouvé l’annonce sur le site de l’association AURORE. Le public « mères enfants » m’intéressant, j’ai demandé l’appui de ma candidature par mon ancienne chef de service et ai effectué des démarches auprès du directeur qui se trouvait être un de mes anciens formateurs, durant ma dernière année à l’ETSUP.
Je dois dire que je fonctionne beaucoup par réseau et connaissances, en effet je trouve intéressant de pouvoir partager les informations, les opportunités avec d’anciens collègues de formation. Ce que je n’hésite pas non plus à faire dans l’autre sens, qui consiste à solliciter d’anciens formateurs ou professionnels de terrains pour m’aider dans mes recherches d’emploi ou d’informations.
Quel regard plus général portes-tu sur ton métier ?
Après trois années passées à réfléchir à cette question, il m’est toujours difficile d’exprimer ce qui selon moi fait un éducateur. Néanmoins, je pense que pour pouvoir mener à bien ce travail et les différents accompagnements que l’on a à faire, des capacités de recul sur les situations et de communication en équipe sont essentielles. L’incohérence qui règne dans beaucoup de lieux est pour moi source de tension et de frein dans l’accompagnement éducatif.
D’autre part je me rends compte chaque jour que la pratique de l’éducateur doit se renouveler et s’enrichir elle-même du contact avec les usagers. En effet, je me prends pour exemple : lors de mon arrivée au CHU, chose étonnante d’ailleurs puisque je ne pensais pas travailler dans l’insertion et avec des adultes dans un premier temps, il m’a fallu trouver mes marques et découvrir les méthodes d’accompagnement dans un tel lieu. Ce que j’ai pu faire grâce à l’équipe mais surtout aux usagers. De plus, chaque jour de travail, j’essaie de réfléchir à mes réactions, mes mots et ce que je propose dans le cadre des entretiens comme du quotidien.
Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite exercer ce métier ?
Mon métier fait partie intégrante de ma vie. Je ne le conçois pas comme une étape obligatoire avant la retraite, quelque chose qui pourrait être rangé au placard une fois rentrée chez soi. Forcément cela à des inconvénients, on envahit souvent les conversations personnelles avec des pans de son travail. Le partage et le travail d’équipe poussent à la communication, cela déteint donc sur l’extérieur. D’autre part la richesse des savoirs dans ce secteur pousse parfois malgré soit à essayer d’apporter du soutien et des pistes de travail à des gens qui ne sont pas en structure, ni dans une démarche d’insertion, qui sont seulement des connaissances et non venues me rencontrer pour rencontrer la travailleuse sociale. Il y a parfois donc beaucoup de travers à aimer son métier et surtout à aimer l’exercer.
Malgré les inconvénients, mon métier m’a apporté beaucoup, m’a ouvert un champ de réflexion, et continue de m’apporter. Le contact humain, de par la multitude de personnalités différentes, par la diversité des comportements, amène à réfléchir, à se positionner chaque jour. On apprend à faire des choix, on apprend à nommer et on apprend à s’inscrire dans la société, autant soi que les autres.
Comment envisages-tu ton avenir professionnel ? Quels sont tes projets ?
A long terme mes projets sont de pouvoir suivre une évolution de carrière. Il est trop tôt pour pouvoir envisager des responsabilités supérieures à celles qu’à déjà un éducateur. Je suis trop jeune et sortante de formation j’ai besoin de prendre le temps de m’identifier dans mon rôle. Mais j’envisage de me nourrir de différentes expériences professionnelles et de formations pour pouvoir faire évoluer mes compétences. Pour cela, j’aimerais profiter des différents champs d’interventions pour travailler diverses structures : du handicap, de l’ASE et de l’insertion.
J’aimerais aussi pouvoir transmettre des connaissances, entamer des dialogues avec d’autres professionnels et participer à la formation de futurs éducateurs.
Afin de procéder dans l’ordre je souhaite d’abord m’intéresser à l’encadrement de stagiaire sur le terrain, puis suivre un master professionnel accès sur la psychosociologie, l’inter-culturalité ou la médiation, mais mes idées ne sont pas encore précises.. A terme j’aimerais pouvoir d’ici 6 ou 7 ans diversifier mes actions, occuper un poste avec des missions d’encadrement et pouvoir revenir sur mon parcours pour faire un point et me fixer des objectifs plus ambitieux.
Au final, quel regard portes-tu sur la formation reçue à l’IUT ?
Je pense que je ne serai pas objective sur cette question. Le parcours à l’IUT que j’ai suivi est pour moi celui qui m’a ouvert la porte du travail dans le secteur social. J’avais été découragée par les concours donc c’était un peu la dernière chance que je me donnais.
Mais si j’essaie de me focaliser sur les contenus apportés, les intervenants, je dirais que grâce à son excellent niveau, j’ai pu prétendre par la suite à une troisième année dans une très bonne école et faire une licence. J’ai apprécié les enseignements dispensés, la diversité des interlocuteurs et surtout ses exigences en matière d’apprentissage régulier. Lorsque l’on sort du lycée certains cursus ne permettent pas à tous le monde de pouvoir suivre le rythme ou la méthode d’apprentissage. Dans mon cas le suivi proposé par l’iut m’a permis de m’inscrire pleinement dans cette formation et de développer ma réflexion sans pour autant reproduire des méthodes d’apprentissages « par cœur » comme l’on peut utiliser dans les classes précédentes.
Quels sont les modules qui t’ont le plus apporté ?
– les stages bien sûr
– L’analyse des pratiques
– La médiation familiale
– La psychosociologie
– La psychopathologie
– La sociologie… et bien d’autres.
Quel est ton meilleur souvenir à l’IUT ?
J’en ai beaucoup, nous étions un groupe très riche et complémentaire. Je dirais que mon meilleur souvenir de formation à ce métier est l’IUT tout entier! Parce que cette expérience a été pour moi formatrice au-delà même de l’éducation spécialisée. Mais si je devais quand même citer un jour : je pense à la journée de valorisation des projets tutorés, parce que nous étions arrivés à l’aboutissement de ce cursus avec des projets pour certains ambitieux et plein d’imagination. Il s’agit vraiment pour moi d’une journée ou nous nous sommes tous retrouvés face au travail accompli. L’ambiance était agréable et chacun était fier de pouvoir présenter un peu de son parcours. Pour moi c’est une belle image que je garde de la 1ère promotion réunie au grand complet. Nous étions enfin plus grands et je pense aussi, des travailleurs sociaux.
Pour conclure cet entretien, as-tu quelque chose à ajouter ?
Un MERCI pour cette opportunité surtout, et un second pour ces questions. C’est en y répondant qu’on mesure vraiment le travail accompli et le succès accueilli en retour.